22.06.2008
Café-débat sur la fin de vie
Vendredi 20 juin 2008, 19h00, au café Sans Soucis, une vingtaine de personnes étaient présentes pour aborder le sujet de l’euthanasie.
Fabrice et Sébastien présentent le sujet. Deux dates sont à retenir : janvier 2000 avec l’ouverture du débat, faut-il instaurer une exception pour le droit à l’euthanasie ? Décembre 2002, 88% des Français y sont favorables dans les cas extrêmes. Ensuite le 25 septembre 2003, le cas Imbert interpelle la France entière, relance le débat et permet d’arriver à la loi Leonetti de 2005 qui autorise le droit au laisser-mourir, différent de l’euthanasie active. Aujourd’hui, après le cas Sébire, une mission sur la fin de vie a été nommée à l’Assemblée. Mission dont fait partie Olivier Jardé.
Pour poser le débat nous nous demandons si la fin de vie fait partie intégrante de la vie.
Olivier Jardé nous donne alors les clés pour un début de réponse.
« L’homme est le seul être sur Terre à avoir conscience d’être mortel, c’est pourquoi il donne un sens à sa vie. » Nous savons également qu’un des fondements de notre société est l’interdiction de provoquer la mort d’autrui.
Faisons maintenant un petit tour du côté de l’histoire. Avant le XXe siècle, la mort est connue de tous, tout le monde la côtoie quotidiennement, les gens sont résignés. L’espérance de vie à la naissance est extrêmement faible (elle peut descendre jusqu’à 20%). La guerre fauche les jeunes gens, les épidémies font des ravages. C’est seulement au XXe siècle, avec les progrès de la science et de la médecine, qu’un réel débat s’installe. On peut désormais réanimer. On sait maintenant qu’on peut dissocier le cerveau du cœur. Ce débat amène, au début du XXIe siècle, au vote de la loi pour l’euthanasie dans deux pays, en 2000 pour la Hollande, en 2002 pour la Belgique.
Doit-on modifier notre législation ? Peu de pays l’ont fait. L’Etat de l’Oregon aux Etats-Unis a franchi le pas. La Suisse et l’Espagne en sont au suicide assisté. Le déclic en France est venu du cas Imbert. Olivier Jardé nous fait d’ailleurs part qu’il a auditionné Marie Imbert le 18 juin dans le cadre de la commission.
Nous vivons dans une société du risque zéro. La mort apparaît comme un échec. Aujourd’hui on peut adapter la date de sa mort. Beaucoup de centenaires vivent encore autonomes, rien qu’à Amiens. La longévité d’aujourd’hui est donc un dénominateur à prendre en compte. Les mœurs changent également. Avant, il y avait l’agonie, la mort et le deuil. Aujourd’hui il n’y a plus de deuil. Désormais, 75% des personnes meurent à l’hôpital, dans des mains étrangères à celles de leur famille. 85% des enterrements restent religieux. Il y a un ancrage religieux sur la mort. 35% des Français vont sur la tombe de leurs parents à la Toussaint.
Peut-on légiférer sur la mort ? En sachant que la mort est quelque chose de très personnel. Est-ce qu’accepter des traitements inhumains est humain ? (avant la loi de 2005, « tout traitement qui est commencé doit être poursuivi »). Est-ce que le médecin est là pour prolonger indéfiniment la vie ?
Il a été nécessaire de légiférer en 2005 pour donner le droit du laisser-mourir. Aujourd’hui on arrête le traitement et on passe à la thérapie anti-douleur (double effet). On impose aussi désormais la collégialité pour prendre la décision dans le corps médical, avec les aides-soignants et infirmiers qui connaissent mieux la personne. On développe désormais les soins palliatifs.
Alors peut-on rester à la loi de 2005 ? Crée-t-on une exception à l’euthanasie ou libéralisons nous l’euthanasie ? Y a-t-il une grande différence entre l’exception et le double effet ?
Aujourd’hui le réel problème se pose sur la néo-natalité. L’avortement thérapeutique existe mais que fait-on lorsque le bébé naît avec des séquelles graves ? Peut-on avoir une exception à l’euthanasie lors de grosses séquelles à la naissance ?
L’euthanasie est-elle une source d’économie ? Est-ce que la vie a un prix ? Est-ce que les nouveaux nés sont entrés dans la vie ? Peut-on alors parler d’euthanasie pour eux ? Encore beaucoup de questions restent sans réponse.
Rappelons qu’ils restent des problèmes de formation pour le personnel médical. L’accompagnement vers la mort reste un tabou dans notre société. Notre société occidentale refuse la mort peut-être parce que le christianisme, qui est une des bases de notre culture, nous parle de la vie éternelle et que le fils de Dieu a ressuscité… Le rapport de la commission doit être rendu au mois d’octobre.
17:08 Publié dans Santé | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note





